/b/ – Monologues

"Just what do you think you're doing, Dave?"

monologues nom commun

(Théâtre) Scène où un personnage est seul et se parle à lui-même.

(Figuré) Discours d’une personne parlant toute seule ou ne laissant pas parler les autres.

Caféine à deux vitesses

4 February, 2010

Face à un sinistre constat relatif à la propreté des tasses d’Impact Campus, mon pertinent collègue François M. Gagnon a laissé tombé aujourd’hui une réflexion tristement vraie.

Il y a quelques semaines de ça, j’ai assumé mon rôle de directeur général en prenant sur moi le lourd fardeau de laver les tasses de café d’Impact Campus. Des dizaines de tasses ruisselantes de propretés. Les semaines ayant passé, ces tasses sont maintenant toutes sales, malgré l’instruction claire: celui qui salit doit laver. Or, personne ne lave les tasses. Personne.

François, lui, a acquit quatre jolies tasses espresso à l’effigie des célèbres Beatles. Il les prête, avec l’instruction claire: vous les lavez. Les quatre tasses de café sont toujours propres.

La propriété publique d’Impact Campus est toujours sale. Parce que ceux qui l’utilisent se déresponsabilisent de cette saleté. La propriété privée, prêtée à qui le demande, est toujours propre, parce que les gens assument les actes qu’ils posent en tant qu’individus et respectent la propriété privée d’autrui.

Le café à Impact Campus est un système à deux vitesses, et c’est le système privé qui brille par son efficacité.

On change plus facilement de religion que de café
Georges Courteline

Lagacé signait un joli billet ce matin, intitulé Tous des paparazzis. En bon universitaire je vous renvoie la balle et vous laisse faire vos lectures. Je ne me contenterai que de résumer en disant que Lagacé cogne sur le clou du citoyen-paparazzi, toujours prêt à croquer le portrait des stars afin de les propulser vitesse grand V dans les détours d’Internet.

Par contre j’attirerais votre attention vers la fin de son billet.

Il y a dans ce geste – dans la décision de pointer sa caméra sur Picard qui fume une cigarette; sur Morency qui achète une pizza (ou une lasagne, va savoir) congelée; sur un chroniqueur artistique s’amusant à un show au Centre Bell – une espèce de vide intersidéral épouvantable qui révèle quelque chose sur nous et sur notre époque.

Quoi?

Je n’ai pas trouvé encore. Je cherche. Légèrement effrayé par la réponse.

Ce qui est à la fois troublant et intense avec notre époque, c’est qu’il est impossible de ne se situer nulle part dans ce grand échiquier virtuel. Vous êtes sur Facebook, vous prenez position. Vous prenez position par vos paramètres de confidentialité. Vous prenez position par votre présence ou votre absence sur Twitter. Par l’importance que vous accordez aux médias en ligne.

Vous laissez forcément une empreinte sur le Web. Chaque citoyen est devenu son propre diffuseur, promoteur et éditeur, nous le savions déjà, mais il s’agit maintenant d’un impératif. Ceux qui ne laissent pas d’empreinte sur le Web laissent un vide qui découpe au néon la forme de leur silhouette dans le bruit environnant. Vous êtes, nous sommes, je suis, tous engagés dans cet engrenage d’identité, d’auto-production, d’auto-promotion.

YouTube l’a compris en offrant un “Channel” à chaque utilisateur. Pour chaque cyber-citoyen, il y a un cyber-média et les empreintes de pas que nous laissons au fil de nos errances sur la toile. Certains, pour meubler le vide ou pour s’entourer d’un nuage de glam, vont se faire chasseurs d’images de stars. D’autres, comme moi, vont briser le silence en monologuant à outrance.

Reste que, comme Lagacé l’a dit, il y a toujours un malaise qui plane.

We relive the days when the internet was new and free. The days of risky sharing, slashdot, the myspace music renaissance. The generation’s finest minds meeting on comment threads, battling roving bands of trolls, and holding the great dialogues of the age!
-XKCD

Capsule nous encapsule

26 November, 2009

Le mardi 1er décembre prochain, ce sera l’occasion pour les étudiants, réunis sous la bannière de la Confédération des Étudiants et Étudiantes de l’Université Laval (CADEUL), de faire passer la Capsule qu’ils ont au travers de la gorge à grands renfort de hot-dogs. Un événement festif qui se veut la continuité du soulèvement général auquel, auto-promotion mise à part, j’ai pris part au printemps dernier afin de contester le nouveau libre-service étudiant implanté dans le cadre du Programme de Modernisation de la Gestion des Études (PMGDE).

Je ne me sens plus le besoin d’exprimer mes réticences face à Capsule. Je laisse cette tâche à nos représentants étudiants. Ils font de l’excellent travail et je ne leur disputerai pas leur mandat.

Là où mon esprit se prend à vagabonder, toutefois, ce n’est pas sur ce qu’est Capsule. C’est sur ce que Capsule n’est pas. Ce que Capsule aurait pu être.

La fin de la décennie approche. On a les deux pieds dans le XXIème siècle. Comment appelle-t-on aujourd’hui un projet de modernisation de la gestion des études tentant de remplacer un système désuet par un système “moderne” faisant la même chose de façon légèrement centralisée? Moi, j’appelle ça une opportunité manquée.

Oui, Capsule intègre les plate-formes logistiques de l’Université Laval en un seul système. Mazel tov. Mais cette innovation est très chère payée, par rapport à ce qu’elle nous rapporte. Laissons toutefois de côté la lenteur du développement, la facture sidérale (ou sidérante?) et la lourdeur technique. Aurait-on pu, à défaut de bien se répéter, faire un peu de nouveauté?

Auront-on pu doter les étudiants de l’Université Laval d’un système leur permettant d’aborder la gestion de leurs études de façon moderne? Aurait-on pu adopter une approche bidirectionnelle?

Et si Capsule avait permis aux enseignants et aux étudiants de communiquer, de s’afficher, et de communiquer les uns avec les autres? Quitte à le faire en interaction avec le nouveau service Exchange? Et si Capsule avait inclus un simulateur de cheminement interactif? Mettant à profit le dynamisme du AJAX, on aurait pu jongler avec les blocs de cours avec une aisance digne des LEGO™ de notre enfance. Comprendre l’évolution de nos moyennes et de nos cheminements en un clin d’oeil, et sans maux de tête?

Aurait-on pu payer pour une Capsule nous aidant à nous mettre en contact les uns les autres, consolidant et unifiant la Cité Universitaire? Considérer Capsule comme une place publique, une table de concertation étudiante, un espace de diffusion? Capsule aurait pu se bâtir au coeur des préoccupations étudiantes, et non en marge de celles-ci.

Il est trop tard pour Capsule. Mais si un jour les décideurs de notre institution tombent sur ces lignes au hasard d’un détour, considérez l’idée de vous ouvrir (et de nous ouvrir) sur le présent. Écoutez les utilisateurs. Les étudiants sont aussi vos clients. Comprenez leurs attentes. Quelle que soit la stratégie de développement que vous adopterez lorsque viendra le temps de mettre WebCT au rancart ne manquez pas une autre occasion comme celle-ci. Ne nous décevez pas une fois de plus.

Il me semble qu’en attendant, je mangerais bien un hot-dog.

Skhizein par Jérémy Clapin

16 November, 2009

Je brise mon mutisme quelques instants pour vous référer ce magnifique court métrage d’animation produit en 2008. 13 minutes environ. Aussi bien dire une éternité, à l’ère de la révolution numérique, mais croyez-moi, ce film vaut amplement 13 minutes de votre vie.

Skhizein (Jérémy Clapin,2008) from Behemoth on Vimeo.

Alors un peu plus, un peu moins, finalement… À quoi ça peut servir de savoir de combien de centimètres on s’est éloigné?

L’effet Labeaume

28 October, 2009

À défaut de prendre le temps d’écrire un billet, je vous retranscrit une intervention que j’ai faite sur un forum de discussion où le débat autour des élections municipales prenaient de l’ampleur. On y retrouvait notamment moults Montréalais se gaussant de la fascination des gens de la capitale envers leur leader Régis Labeaume. Loin de défendre notre bien-aimé maire, j’ai cru bon d’apporter mon grain de sel au moulin (à poivre bien sûr).

D’ailleurs je vois d’un assez bon oeil les retombées de l’Effet Labeaume.

D’abord on a vu la panique au directeur général des élections. C’est la daube totale. On est à quoi, quatre jours des élections? Ici sur Crabe on en parle (quoique je vous laisse en parler, moi et ma connaissance de la politique municipale montréalaise) mais on est pas mal tous des gens éduqués conscientisés capables de formuler une opinion qui se tient et de la communiquer. On a peur de voir le taux de participation catastrophe partout au Québec. Mais à Québec? Pour continuer le parallèle avec le hockey, on dirait la fièvre des séries ici, mais notre CH c’est Labeaume. C’est sûr qu’il va gagner la coupe, mais c’est pas grave, tout le monde le supporte pareil. Ça devrait (notez le conditionnel) se manifester dans un fort taux de participation, autant pour ses opposants que ses supporters.

Deuxièmement, par le cirque Labeaume, les gens de Québec sont en train de découvrir que la population peut être impliquée dans les projets et événements. Ça c’est gros. La p’tite ville de fonctionnaire qui découvre qu’un vote peut avoir du poids. Qui se voit invitée à s’impliquer dans le développement de sa ville. C’est pas mal vulgus populi comme sujet de débat, l’amphithéâtre et l’équipe et tout ça, et la plupart des gens font juste dire “GO LABEAUME ON EST AVEC TOÉ” mais c’est un début. Peut-être (notez le conditionnel) que les gens qui auront voté pour un amphithéâtre se rendront ensuite compte qu’ils peuvent voter pour leur vie de quartier, pour du transport en commun, pour des plans d’urbanisation, etc.

C’est clair que Régis Labeaume s’exprime et se comporte en p’tit gars du peuple, et qu’il mobilise le peuple. Mais la définition normative de démocratie n’est-elle pas le pouvoir du peuple, et non pas celui de l’élite?

Ça a l’air boboche vu de l’extérieur, mais ici, Régis Labeaume a trouvé ce que le peuple veut et aime et est aimé et voulu par le peuple. Ce que vous êtes loin d’avoir à Montréal. C’est peut-être pas (notez le conditionnel) la meilleure chose pour notre ville, mais c’est de la démocratie. Si vous trouvez ça ridicule, et si vous trouvez (comme moi) que ça représente pas bien les intérêts de la ville à long terme, alors remettez en question vos idées sur le fonctionnement des régimes politiques démocratiques. Le peuple préférera toujours les Fruit Loops aux All Bran.

Qui arrêtera Twitter?

20 October, 2009

L’allure de Twitter a beaucoup changé, depuis la création de mon premier compte Twitter (@ZheAldo, en 2007). Déjà quand j’ai réapparu sous @AlexandreBoutet l’an dernier, ça avait beaucoup changé. Du microblogging personnel, Twitter était devenu un espace public aux allures corpo, un lieu d’échange trendy, voilà, voilà.

Force est d’admettre que Twitter draine beaucoup de gens. Les rapproche. Les met en contact. Les politiciens et les plébéiens, les requins du capitalisme avec les hippies du communautaire. Tout le monde sur la même ligne, voilà, et on échange.

On échange, on se fait voir, on trouve, on retransmet, on commente, on critique, on se congratule. On se pointe à la gang dans un collogue et on en parle en mettant un # devant le nom de l’évènement. On fait des TweetUps avec liste de réservation dans des restos cool. Ça boost le lectorat de nos blogues (oh noes! de l’humour d’auto-référence!)

Est-ce que Twitter doit se stabiliser? Devenir quelque chose de concret? La société s’est accaparée l’outil pour en faire un micro-univers, est-ce productif ou pas? Est-ce que ça a une réelle utilité, hormis diluer les canaux d’informations? Va-t-on s’y noyer comme on se noyait dans une pléthore de fils RSS?

Someone is wrong on the Internet
-XKCD

Ma plume a de l’Impact

20 October, 2009

Grosse parution, cette semaine.

Mes contributions:

Un Mac nécessaire? // Actualités
Depuis septembre, le Département d’information et de communication ( DIC ) oblige les nouveaux étudiants de certains de ses programmes à acquérir un ordinateur portable de marque Apple. Offerts en partenariat avec la coopérative Zone, les forfaits offerts par le DIC varient de 2 000 $ à plus de 3 000 $. Un investissement que doivent faire les nouveaux étudiants dès leur première année de cours. >> Lire la suite

D’écrans en écrans // Actualités
Quelle est la place de la télévision à l’ère de la révolution numérique ? C’est la question à laquelle tente de répondre Jean-Paul Lafrance. Dans son dernier ouvrage intitulé La Télévision à l’ère d’Internet, le chercheur en communication trace un portrait actualisé de la télévision d’aujourd’hui, de son public et de ses modèles de financement. >> Lire la suite

Uchronie en temps réel // Sciences
Levant une partie du mystère qui plane sur son tout nouveau système de messagerie en temps réel, Wave, Google a envoyé pas moins de 100 000 invitations pour l’essai de la version de démonstration. Ces élus se sont vu donner l’opportunité d’inviter chacun huit personnes à apprivoiser également le système. Compte-rendu d’un premier essai de Google Wave. >> Lire la suite

And yet all I can think is “This will make for a great Livejournal entry”
-XKCD

J m’a partagé un lien plutôt intéressant hier. Je n’avais que peu de temps pour l’essayer, mais voilà, je me reprend aujourd’hui.

Omegle est un site web de chat. Il vous met en relation avec un parfait inconnu. Anonymement. Instantanément. Et vous vous parlez.

Parfois c’est drôle. Parfois beaucoup moins. Parfois beaucoup beaucoup moins.

C’est ce qu’il y a de bien. Le gros bouton bleu “Start a chat” est là. Mais c’est impossible de dire à l’avance sur quoi vous allez tomber.

http://omegle.com/

It turns out you can’t take responsability for someone else’s hapiness.
-XKCD

Le dernier texte de votre humble serviteur:

Des techniciens en informatique employés par le distributeur d’électricité australien Integral Energy ont habilement déjoué une infection virale qui s’en est pris au système de contrôle du réseau électrique. Grâce au système d’exploitation informatique Linux, ils ont pu empêcher le virus de menacer l’alimentation électrique d’environ 800 000 foyers dans l’est de l’Australie.

Lire la suite!

The world doesn’t actually make sense. Science doesn’t work. No one told you because you look so cute when you get into something.
-XKCD

L’ensemble du modèle de la télévision est en train de se transformer grâce aux nouvelles technologies, à l’usage généralisé d’Internet, au changement des habitudes des téléspectateurs et à la mondialisation des industries culturelles. Tout le monde peut devenir producteur grâce au téléphone mobile photographique, au caméscope, au magnétophone miniature ou aux blogues qui sont à la portée de tous. Nous sommes à l’ère du cyber-journalisme, des réseaux sociaux conviviaux et des jeux vidéo en ligne multijoueurs.

Jean-Paul Lafrance, l’homme derrière le glorieux secteur de la comm à l’UQAM. Son dernier ouvrage, La Télévision à l’ère d’Internet, est maintenant en librairie, pour le bonheur des petits et des grands.

Évidement, votre fidèle serviteur est en train de l’avaler tout rond, et un petit quelque chose me dit que vous en trouverez des traces dans le prochain numéro d’Impact Campus.

Edit: le prochain, ou l’autre d’après. On verra.

TV, yeah it’s always on
The flicker on the screen
A movie actress screams
I’m basking the shit flowing out of it

Porcupine Tree – Fear of a Blank Planet