Lagacé signait un joli billet ce matin, intitulé Tous des paparazzis. En bon universitaire je vous renvoie la balle et vous laisse faire vos lectures. Je ne me contenterai que de résumer en disant que Lagacé cogne sur le clou du citoyen-paparazzi, toujours prêt à croquer le portrait des stars afin de les propulser vitesse grand V dans les détours d’Internet.
Par contre j’attirerais votre attention vers la fin de son billet.
Il y a dans ce geste – dans la décision de pointer sa caméra sur Picard qui fume une cigarette; sur Morency qui achète une pizza (ou une lasagne, va savoir) congelée; sur un chroniqueur artistique s’amusant à un show au Centre Bell – une espèce de vide intersidéral épouvantable qui révèle quelque chose sur nous et sur notre époque.
Quoi?
Je n’ai pas trouvé encore. Je cherche. Légèrement effrayé par la réponse.
Ce qui est à la fois troublant et intense avec notre époque, c’est qu’il est impossible de ne se situer nulle part dans ce grand échiquier virtuel. Vous êtes sur Facebook, vous prenez position. Vous prenez position par vos paramètres de confidentialité. Vous prenez position par votre présence ou votre absence sur Twitter. Par l’importance que vous accordez aux médias en ligne.
Vous laissez forcément une empreinte sur le Web. Chaque citoyen est devenu son propre diffuseur, promoteur et éditeur, nous le savions déjà, mais il s’agit maintenant d’un impératif. Ceux qui ne laissent pas d’empreinte sur le Web laissent un vide qui découpe au néon la forme de leur silhouette dans le bruit environnant. Vous êtes, nous sommes, je suis, tous engagés dans cet engrenage d’identité, d’auto-production, d’auto-promotion.
YouTube l’a compris en offrant un “Channel” à chaque utilisateur. Pour chaque cyber-citoyen, il y a un cyber-média et les empreintes de pas que nous laissons au fil de nos errances sur la toile. Certains, pour meubler le vide ou pour s’entourer d’un nuage de glam, vont se faire chasseurs d’images de stars. D’autres, comme moi, vont briser le silence en monologuant à outrance.
Reste que, comme Lagacé l’a dit, il y a toujours un malaise qui plane.
We relive the days when the internet was new and free. The days of risky sharing, slashdot, the myspace music renaissance. The generation’s finest minds meeting on comment threads, battling roving bands of trolls, and holding the great dialogues of the age!
-XKCD
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