Avant toute chose, je me dois d’être honnête: j’ai beaucoup de sympathie pour Yvon Bussières. C’est le père d’un de mes meilleurs amis, c’est un homme aimable et charitable engagé dans son milieu. Je suis biaisé, je vous doit cet aveu.
Seulement, seulement… ce qui s’est passé est totalement ridicule. Question de ne pas lancer des opinions en l’air, je vais m’appuyer sur le texte de Pierre-André Normandin.
Donc d’un côté, nous avons Jean-Marie Laliberté, qui occupe le rôle de président, une tâche ingrate qu’on peut comparer à celle du policier qui essaye de diriger la circulation au coin St-Jean/Honoré-Mercier quand les feux tombent en panne. Un boulot fatiguant et sûrement pas facile.
Sauf que, comme M. Normandin le faisait remarquer, «M. Laliberté était nettement plus conciliant sur le droit de parole des membres de son parti lundi soir.» Donc, selon l’équipe Labeaume, les indépendants ont déjà plus de temps que la plupart des conseillers. Soit. Mais encore une fois, le président se permet de doubler le temps de parole de Sylvain Légaré, et permet à M. le maire une allocution de 21 minutes. Qui donc est bien placé pour parler?
C’est sûr qu’il n’y a pas de parti d’opposition. La loi est claire là dessus. Les électeurs ont eu à choisir entre une équipe politique et une équipe de hockey, et ont pris la deuxième option. Mais maintenant, pour éviter l’hégémonie, pour apporter de la distance politique, de la remise en question et de la contestation, on doit compter sur nos deux conseillers indépendants. C’est comme ça. L’entièreté du travail de contestation leur revient.
C’est facile pour M. Labeaume de dire qu’«ils ont amplement de temps». C’est d’autant plus facile d’insulter ouvertement un élu quand l’entièreté de la salle est de son bord. Mais si le président se plaît à gâter son clan de temps supplémentaire illégitime en blaguant, mais s’insurge quand quelqu’un d’autre veut parler, alors ce n’est même plus de l’arrogance, c’est carrément une insulte. Les électeurs vous ont élu, M. Labeaume. Élu. Ils ne vous ont pas canonisé, ni sacré roi.
Sylvain Légaré déborde de son temps? On blague. Yvon Bussières veut le faire? On lui ferme la trappe. Et si il réplique? Bah on l’expulse.
Une petite colle pour M. le maire, vous qui gérez si bien notre belle ville et l’argent de ses payeurs de taxes:
Pourquoi paye-t-on Yvon Bussières, si celui-ci n’a pas le droit de vous remettre en question?
M. Bussières a déclaré l’an dernier: «On sera la voix des sans-voix». Je crois qu’il y avait des mots de trop dans cette phrase. D’après ce qu’on peut voir, quand on tombe par hasard sur Vox, c’est que nos indépendants sont tout aussi sans-voix que les électeurs qu’ils représentent.
(Question bonus: pourquoi n’y a-t-il que les clients de Vidéotron qui ont le droit de voir le conseil à la télé?)
Réponse a la question Bonus : parce que ceux qui n’ont pas vidéotron n’écouterais probablement pas le conseil de toute facon.
Samuel Tremblay
9 June, 2010
Je comprends pas tant la logique. En quoi les abonnés Vidéotron sont plus suceptibles de regarder le Conseil que ceux qui ont Bell Express Vu, Star Choice ou n’importe quoi d’autre? Ou ceux comme moi qui font le choix de ne pas avoir la télé et qui regardent le contenu sur le web? Le Conseil ça reste public, non? Ça devrait être offert sur les canaux généralistes! Ou du moins sur le Web.
alexandreboutet
9 June, 2010
En fait probablement que Bell Express Vu, Star Choice et n’importe quoi d’autre on jugé que leur publique cible ne serait pas intéresser au conceil municipal mais préférerait Super Écran HD et le RDS HD.
Samuel Tremblay
10 June, 2010
C’est que je vois mal la différence entre leurs publics cibles et celui du service de câble/télé numérique de Vidéotron.
alexandreboutet
10 June, 2010
Pour la question bonus d’abord, beaucoup de gens de mon arrondissement n’ont pas les moyens d’avoir un cablo-distributeur, moi-même je fais le choix de ne pas en avoir, pourtant nous sommes dans les quartiers centraux, plus citoyens concernés par la politique municipale de québec que ça tu meurs étouffé par l’incinérateur, bon. Pourquoi pas à télé-québec donc, que tout le monde capte facilement ? Pour la réflexion et le texte, biaisé ou non, bravo ! Quand on ne se donne même plus la peine de jouer le jeu selon les règles fixées, on piétine et la démocratie et le peuple. N’oublions pas que M. Bussières, comme Mme Guérette ont été élus dans les arrondissements centraux, ils représentent donc les citoyens de la ville. Les banlieues ont voté pour une équipe de hockey ( et écoutent probablement RDS HD !)
Joanne Boutet
20 June, 2010